La présidentielle de 2027 ne sera pas un épisode de plus dans notre vie politique. Elle dira si ce pays accepte de se laisser glisser sur la pente ultra-libérale vers l’extrême droite, ou s’il choisit une autre voie : celle d’une gauche capable de protéger, de partager, d’émanciper.
NUPES avant‑hier, NFP hier… Les formes de cette union restent à inventer, ses contours à consolider, mais l’ambition de rassembler les partis de gauche doit, elle, demeurer intacte.
Dans ce moment, chaque geste compte. Chaque vote, chaque prise de parole, chaque silence aussi. Le débat sur le budget de la Sécurité sociale en a été une illustration brutale.
Grâce à la mobilisation de plusieurs groupes parlementaires de gauche, des dispositions parmi les plus indignes ont été retirées ou corrigées : le doublement des franchises médicales, le gel des retraites, la taxation des tickets-restaurant, l’imposition des apprentis ont été écartés, et le décalage de la réforme des retraites a été adopté. Chacun sait ce que cela représente, très concrètement, pour des millions de personnes qui n’avaient plus rien à serrer d’autre que leur ceinture.
Mais était-ce suffisant pour approuver ce texte ? Était-ce trop peu ? Les arguments fleurissent et chacun devrait trouver légitime que des parlementaires de gauche puissent prendre des décisions différentes.
Là où nous devrions nous écouter, nous dressons des listes, jetons des anathèmes. À force, nous finirons par décourager celles et ceux qui croient encore en la gauche, et par abandonner celles et ceux qui ont besoin d’elle.
Notre responsabilité est de sortir de cette impasse.
Les élections municipales qui viennent ne sont pas un contretemps dans cette histoire : elles en font partie. Elles diront si, dans nos villes, la gauche est capable de faire ce qu’elle promet au pays tout entier : se rassembler sans se renier, gouverner sans renoncer à ses exigences sociales et écologiques.
Pantin, ville monde où l’on vient de partout, ne peut pas se contenter d’être un décor. Elle doit être une ville refuge pour celles et ceux que la vie abîme, et une ville qui prend clairement position sur les choix de société que nous voulons assumer : le droit à la ville pour toutes et tous, le refus des relégations, la défense des services publics, la lutte contre les discriminations, la transition écologique comme horizon concret et partagé.
Dans le temps de cette élection, notre responsabilité, comme socialistes, est simple : chercher les voix et les moyens du rassemblement avec toute la gauche qui veut bâtir, construire et s’unir. Affirmer nos convictions, mais refuser de laisser nos divergences se transformer en fractures. Proposer un principe de convergence qui permette à Pantin de rester ce qu’elle doit être : une ville populaire, ouverte, qui protège et émancipe.
Nous n’avons pas le luxe de l’habitude ni celui des querelles sans issue. 2027 se prépare aussi ici. Dans la manière dont nous parlerons entre nous, dont nous écouterons nos différences, dont nous serons capables de proposer aux Pantinoises et aux Pantinois une gauche qui ne se contente pas de commenter l’histoire, mais qui accepte d’en prendre sa part.
C’est pourquoi, alors que débute la campagne électorale, nous travaillons à ce qu’autour des partis politiques de gauche, la volonté de bâtir et de protéger se rassemble, dès le 1er tour ou à défaut au 2ème, dans la clarté vis-à-vis de nos concitoyens.
Alors, convergeons ?